image1Je sais qu’il s’est dit pas mal de choses négatives au sujet de nos voisins d’outre-atlantique au cours de ces dernières années, et en effet il y a le choix ; entre la pollution de la planète et les aliments transgéniques, les mac’do et la croissance de l’obésité, sans compter la guerre en Irak… Difficile de continuer à admirer ce « grand frère » encombrant qui nous avait tant aidés en 44. Et puis avec la montée de l’euro et celle de la Chine, on commence à se dire qu’on peut très bien se débrouiller sans eux.

Pourtant, ayant une affection toute spéciale pour ce magnifique pays qui m’a donné mon mari, le grand amour de ma vie, et bien que je ne sois pas en reste quand il s’agit de râler et de critiquer les fautes de goût de ce géant (en ces jours ou ma petite France me manque… !), j’aimerais le défendre un peu. Et surtout défendre ces gens charmants et chaleureux, tous mes voisins et amis d’ici qui m’ont accueillie comme une vraie princesse de contes de fées et ont tout fait pour me donner l’envie de vivre parmi eux à jamais…

Ils sont mignons, ces p’tits Américains de l’ouest des USA, ils sont rêveurs et enthousiastes, ils ont soif d’aventure autant que de liberté et de raffinement, et quand on leur dit : France, ils répondent en parlant de romantisme et de gastronomie tout en expliquant leurs plans d’aller s’exiler un jour là-bas… C’est vrai que leur maman ne leur a pas toujours appris à faire la cuisine ni à bien manger, alors ils continuent trop souvent (malheureusement !) la tradition en éduquant les papilles de leurs propres gamins avec des hot-dogs, pizzas et donuts. Mais invitez-les à dîner et ils s’extasieront gentiment sur vos plats en vous implorant de bien vouloir leur enseigner comment les préparer. Les Américains plus éduqués adorent poser mille questions sur la gastronomie et l’art de la table, ils demandent souvent des renseignements très spécifiques sur l’étiquette à observer dans un restaurant ou dans le bus, ou encore sur la bonne façon de dresser une table et l’ordre dans lequel les plats devraient être servis… toutes ces petites choses acquises dans l’enfance par la plupart d’entre nous –mais qui les leur aurait apprises, à eux ?

On constate en ce moment chez les Américains l’apparition d’une sorte de mouvement culturel : une soif de vrai, de tradition et de retour aux racines qui ne fait que grandir. Les medias y sont sûrement pour quelque chose : la célèbre chaîne culinaire télévisée « Food Network », par exemple, présente souvent des émissions consacrées à la cuisine européenne en général et francaise en particulier qui me font rêver moi-même.. Mais on retrouve cette tendance au niveau local aussi. Dans l’Etat où je vis actuellement, les maisons poussent comme des champignons –mais des maisons de poupée, toutes en contreplaqué (du moins c’est à cela que ça ressemble…), aux façades recouvertes de fausses briques et de fausses pierres, parce que les vrais matériaux coûtent trop cher. Alors quand mon mari parle avec excitation de ce joli petit village perdu dans les collines où j’ai passé mon enfance, avec ses rues pavées et ses bâtiments de calcite plusieurs fois centenaires, ou quand il vante la bonne cuisine de ma grand-mère lyonnaise –alors nos amis écoutent son récit comme on absorbe une belle histoire et se prennent à rêver tout haut à ce manoir au bord de la Méditerranée qu’ils ne pourront jamais s’offrir.

les_cookies_de_CarrieOk, pour finir avec mon « mot » qui s’est avéré faire presque 10 pages et avant que je n’y passe la journée… Ce qui m’a poussée à écrire aujourd’hui, ce sont ces deux petites attentions de plus à notre égard cette semaine : les petits cookies que Carrie (prononcer Kerry), une de mes voisines, m’a fait parvenir par son mari il y a deux soirs, juste comme ça, sans raison autre que sa gentillesse et sa mignonne personnalité… et de manière complètement relax, même ! Il faut que je raconte : j’étais à mon balcon, et soudain je vois passer Ryan qui fait une promenade avec son p’tit gars : « Hey, A… ! » (c’est moi) « Can you catch this, Carrie asked me to deliver them to you ? » Là, il me lance le sachet de cookies, que j’attrape. C’est un bon joueur de basket, au fait. “They’re either chocolate mint or toffee cookies. » Mmmm, des cookies à la menthe ou au caramel croquant ! Et puis il y a aussi les magnifiques radis et salade provenant du jardin de Kendall, un collègue de mon mari –peut-être parce qu’il sait combien j’apprécie les bons produits de la terre. Et en fait, il se passe rarement une ou deux semaines sans que de similaires cadeaux nous tombent du ciel sans explication… Allez, moi j’ai encore du travail pour les rattraper !